Actualités

Le numérique en santé : approche disruptive versus approche incrémentale

Vendredi 24 janvier 2020 Actualités

Retour sur l'édition 2019 des Journées e-Santé 360

A la suite de leurs interventions, Pascal Mertens et Damien Dietrich ont été rejoints par Benoît Dehon, CIO de la Clinique Saint- Pierre Ottignies, à Louvain, et Mickaël Taine, DSIO du GHT Aude-Pyrénées et directeur de la Communication du CH de Perpignan, pour un débat animé par le Dr Thierry Vermeeren, Directeur scientifique de la communauté Patient numérique.

« La structuration des coûts d’un patient est une variable du système de santé qui évolue fortement », selon Thierry Vermeeren, Directeur scientifique de la communauté Patient numérique, qui regroupe 65 hôpitaux de Belgique, Luxembourg et France. « Le coût lié à l’innovation, à l’acquisition de technologies, atteindra environ 40% demain », précise-t-il en introduction au débat « innovation disruptive ou incrémentale ».
 

Investir dans l’innovation

Pour Mickaël Taine, l’action des pouvoirs publics peut faire changer la donne : « on était très concentrés, jusqu’à présent, dans nos hôpitaux, sur les sujets d’interopérabilité et de référentiels, de maintenance de nos système. » La possibilité de « compter sur les référentiels nationaux » permettra « de réinvestir du temps et de l’argent dans l’innovation », « de commencer à faire vraiment du numérique et du service à nos patients et professionnels ».
Interpellé à propos du « jeu d’acteurs », Pascal Mertens relève que la collaboration interprofessionnelle est bloquée tant que le budget de l’assurance maladie est géré par discipline : « les médecins se le disputent avec les pharmaciens, qui convoitent celui des dentistes, etc. Ce qui ne facilite pas les échanges ! » Mais il observe que « la notion de réseau intégré, en train de se développer » est de nature à faciliter la réconciliation au niveau territorial.
Des dossiers patients pour une prévention efficace « Comment déplacer les moyens vers la prévention, qui reste le parent pauvre des actions », demande ensuite Thierry Vermeeren. Pour Pascal Mertens, les start-up constituent de bons moteurs pour le changement. Damien Dietrich souligne que l’on a « vraiment besoin des dossiers patients pour faire de la prévention efficace. (…) Partagés ou territoriaux, ils ont un rôle majeur à jouer, en connectant différentes sources de données et en utilisant des algorithmes pour détecter des maladies ».
Benoit Dehon insiste aussi sur le fait que l’on a « besoin de données pour faire de la prévention, du calcul de risques. Les utilisateurs de dispositifs vont nous les apporter. Captonsles ! », encourage-t-il, avant de rappeler « qu’une partie de la médecine va être déplacée vers le domicile ».
 

Besoin d’évangélistes, de leadership

Thierry Vermeeren a également orienté le débat sur le sujet des nouveaux métiers et besoins en compétences. Pascal Mertens pense que l’on « se trompe parfois sur le choix des compétences dont on a besoin »« Vouloir accélérer l’approche e-santé grâce au renfort de compétences IT est une erreur. On a besoin d’évangélistes, utilisateurs des solutions et précurseurs de leur usage dans l’hôpital. Il est donc plus important de rechercher des profils de personnalités, du leadership, que des compétences strictement IT. Or les RH n’y sont pas encore habituées. » Tous les débatteurs partagent ce point de vue. Comme Damien Dietrich, qui ajoute : « Il faut des profils d’interface, capables de comprendre les deux mondes ». Sans oublier, « pour le virage ambulatoire, des coordinateurs de parcours de soins », mais aussi « la redéfinition des rôles de chacun au sein des professions de médecins et infirmiers ». Enfin, pour Benoit Dehon, le terme d’évangéliste est bien adapté dans la mesure où rien n’est plus efficace que ce qui est expliqué par un pair.
Je souhaite être rappelé(e)
Je souhaite être rappelé(e)