L’apport des services numériques dans le post confinement avec le coronavirus

Azélio Camille Navarro
Mardi 12 mai 2020

Pas de retour à la vie d’avant, mais une vie « avec »

L’épidémie de Coronavirus a mis en évidence l’incroyable adaptabilité des structures de santé et des professionnels de santé à déployer de nouvelles organisations, et a inscrit les services numériques au cœur des pratiques professionnelles. Le recours à la téléconsultation s’est développé en un temps record et le suivi à distance des patients symptomatiques (depuis leur domicile) a permis à certains patients de rester chez eux tout en bénéficiant d’un suivi médical de proximité. Les patients ont plébiscité ce type de service et les professionnels ont rapidement pris en main ces outils.

Des services numériques qui s’inscrivent dorénavant dans les pratiques des professionnels et des patients

Il ne s’agit pas d’une vie après le coronavirus mais d’une vie avec le coronavirus dans laquelle l’usage des services numériques en santé fait partie des pratiques quotidiennes des professionnels de santé et des patients.

Les enjeux pour les structures sanitaires, sociales et médico-sociales consistent à définir les organisations et les services numériques nécessaires pour contrôler l’épidémie et éviter d’être confronté à une « deuxième vague », avec de nouveaux pics de contamination qui mettrait à nouveau l’ensemble des acteurs de la santé en tension.

Maîtriser le risque de contamination par la connaissance de la chaîne des cas contacts

Lorsqu’un cas de covid-19 est avéré, il s’agit de remonter la chaîne de contacts récents pour détecter les personnes qui ont potentiellement pu être infectées par le virus afin de les dépister et de les isoler pour limiter le risque de propagation. Il s’agit du contact tracing.

La détection des cas contacts reposera certainement en partie sur l’usage d’application de suivi des cas contacts, dont l’utilisation repose sur le volontariat du citoyen. L’analyse de la chaîne de contamination potentielle par simple interrogatoire limite l’analyse aux personnes connues du cas Covid+. Par exemple, il est impossible pour une personne d’identifier le contact à côté duquel il est resté assis 1h dans les transports en commun ; tout ceci dans le strict respect de la vie privée bien entendu.

Au-delà de la mise en œuvre technologique, il s’agit aussi de définir les organisations nécessaires à l’information et au suivi des cas contacts. Les cas contacts développeront ou non des symptômes, à des rythmes différents, et dont le niveau de gravité sera variable d’un individu à l’autre. Certains mêmes resteront asymptomatiques. Comment garantir un dépistage précoce du virus afin d’éviter que ces personnes soient elles-mêmes un facteur de propagation ? Comment assurer un suivi de ces cas contacts asymptomatiques ?

Dépister à grande échelle : toute personne présentant des symptômes évocateurs Covid-19 ou ayant été en contact avec une personne atteinte du Covid-19

L’objectif à partir du 11 mai est de pouvoir réaliser entre 500 000 et 700 000 tests diagnostiques virologiques (tests RT-PCR) par semaine afin de pouvoir tester toute personne qui présenterait des symptômes évocateurs du Covid-19 ainsi que les cas contacts. Lorsqu’une personne présente des symptômes, elle devra aller se faire dépister, munie d’une ordonnance après avoir consulté son médecin.

Le dépistage massif doit permettre de disposer d’informations afin de suivre très précisément la propagation de l’épidémie : mesure du niveau d’immunité collective, mesure de la propagation du virus, anticipation des pics de contamination, aide à la localisation des futurs clusters de la maladie…

Il revient aux ARS de définir la structuration du dépistage à l’échelle d’un territoire. La stratégie de consolidation des données doit également être définie : quelles organisations mettre en place ? quels outils ? faut-il un système de déclaration des cas Covid-19, faut-il un agrégateur automatique des données ? quelles architectures techniques…

Téléconsultation, télésuivi des patients et des cas contacts, partage des informations au service de la coordination

Nous assistons à la mise en place d’un véritable parcours de santé Covid-19 avec la participation d’un nombre important de professionnels de santé : médecins libéraux, laboratoires de ville, pharmaciens, infirmiers libéraux, établissements de santé, etc. Ce parcours s’initie le plus souvent lors d’une téléconsultation en ville. Le partage des documents médicaux clés du patient (comptes-rendus de consultation, ordonnances, résultats de biologie…) entre les différents professionnels participant au parcours, est facilité par les services numériques (DMP, Dossier de coordination, Messagerie Sécurisée de Santé). La téléconsultation entre un professionnel et un patient, le télésuivi à distance via des questionnaires, la visio-conférence sécurisée entre professionnels, le partage de documents sont autant de services numériques qui font désormais partie des outils quotidiens des professionnels.

 

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